Article Publié le 13-01-2020

Les points d’irritation des candidats lors d'un entretien d'embauche

Le marché du travail est tendu. De nombreux secteurs ont des difficultés à trouver du personnel qualifié. On pourrait donc penser que les entreprises font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire bonne impression sur les candidats. Un entretien d’embauche bien mené en fait partie. Et d’après nos recherches, il y a encore beaucoup de choses qui ne vont pas.

Les 2 principaux points d’irritation

Intelligence Group a demandé à plus de 3 000 candidats (h/f) de différents niveaux d’éducation ce qu’ils trouvent agaçant lors d’un entretien d’embauche. Les deux premiers étaient les mêmes pour tous les niveaux d’éducation, à savoir une conversation précipitée et un manque d’intérêt de la part de l’interlocuteur. Ci dessous, nous constatons un certain nombre de différences frappantes. Les personnes diplômées de l’enseignement professionnel sont plus gênées que la moyenne par un registre de langage inapproprié et moins gênées que la moyenne par une mauvaise préparation de leur interlocuteur. Ce dernier point s’applique également, dans une moindre mesure, aux personnes diplômées de l’enseignement professionnel secondaire. Mais elles sont plus ennuyées que la moyenne par l’arrivée tardive de leur interlocuteur et les interruptions fréquentes pendant la conversation. Chez les diplômés de l’enseignement supérieur et les universitaires, une mauvaise préparation de l’interlocuteur entraîne un agacement supérieur à la moyenne. Les personnes titulaires d’un diplôme universitaire sont également plus ennuyées par le manque de clarté concernant la poursuite de la procédure de candidature. L’arrivée tardive de l’interlocuteur est une chose qui dérange nettement moins les diplômés de l’enseignement supérieur que ceux de l’université.
 

Qu’est-ce qui vous dérange lors d’un entretien d’embauche ? Enseignement professionnel moyen Enseignement professionnel secondaire Enseignement supérieur Enseignement universitaire
Mauvaise préparation de mon interlocuteur 23% 32% 45% 45%
Manque d’intérêt de la part de mon interlocuteur 37% 45% 51% 54%
La sonnerie du téléphone de mon interlocuteur 28% 25% 25% 21%
Arrivée tardive de mon interlocuteur 30% 34% 27% 25%
Pas de contact visuel 27% 29% 29% 23%
Être souvent interrompu pendant que l’on parle 35% 37% 34% 31%
Langage inapproprié de la part de mon interlocuteur 25% 19% 21% 22%
Conversation précipitée 54% 53% 50% 51%
Pas de possibilité de poser des questions 30% 30% 28% 33%
Manque de clarté sur la suite de la procédure de candidature 30% 35% 33% 39%

Source : Intelligence Group, 2019

 

Différences entre les hommes et les femmes

Si l’on considère le sexe des candidats, on constate également quelques différences notables. Par exemple, les femmes sont plus gênées par un langage inapproprié, tandis que les hommes sont plus gênés que la moyenne par un interlocuteur qui cherche à impressionner. Les femmes sont également plus gênées que les hommes par le manque d’intérêt de leur interlocuteur, les interruptions fréquentes pendant la conversation, le manque de clarté dans la suite de la procédure et de contact visuel.

Source : Intelligence Group, 2019

Points d’attention par segment d’âge

Les écarts par rapport à la moyenne sont les plus importants lorsque l’on ventile les répondants par âge. Les segments couvrent toujours cinq ans, à l’exception du segment des 50+. Les segments 20-24, 25-29 et 30-34 présentent relativement peu d’écarts par rapport à la moyenne. La tranche d’âge la plus jeune (15-19 ans), en revanche, s’écarte sensiblement de la moyenne. Ils sont plus ennuyés que la moyenne par les interruptions fréquentes pendant la conversation, le manque de clarté sur la suite de la procédure et le manque de possibilité de poser des questions. En revanche, ils sont nettement moins gênés que la moyenne par une mauvaise préparation de l’interlocuteur, un retard, le fait d’éviter les contacts visuels et un téléphone qui sonne.

Les groupes d’âge 35-39 ans et 40-44 ans sont excessivement gênés par les entretiens précipités et une mauvaise préparation. Le groupe des 40-44 ans est également le plus sensible à l’arrivée tardive de l’interlocuteur. Ils se plaignent moins du manque d’intérêt. Chez les 45-49 ans, la sonnerie du téléphone et le fait d’éviter les contacts visuels est une source d’agacement supérieure à la moyenne. C’est un point commun avec les plus de 50 ans, qui sont aussi excessivement agacés par un manque d’intérêt perçu. Ils sont moins ennuyés que la moyenne par le fait d’être interrompus pendant qu’ils parlent. La tranche d’âge 45-49 ans est moins gênée que la moyenne par un entretien précipité et par l’incertitude sur la suite de la procédure.

Qu’est-ce qui vous dérange lors d’un entretien d’embauche ? 15-19 ans 20-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans 50 ans et plus
Mauvaise préparation de mon interlocuteur 28% 33% 35% 33% 40% 40% 32% 38%
Manque d’intérêt de la part de mon interlocuteur 46% 47% 46% 43% 43% 40% 47% 51%
La sonnerie du téléphone de mon interlocuteur 17% 16% 20% 25% 24% 26% 36% 27%
Arrivée tardive de mon interlocuteur 25% 28% 29% 30% 32% 36% 34% 29%
Pas de contact visuel 21% 26% 24% 24% 24% 29% 34% 32%
Être souvent interrompu pendant que l’on parle 41% 38% 35% 35% 32% 37% 39% 29%
Langage inapproprié de la part de mon interlocuteur 27% 23% 19% 20% 21% 23% 19% 20%
Conversation précipitée 51% 52% 52% 51% 57% 57% 47% 50%
Pas de possibilité de poser des questions 35% 34% 31% 28% 27% 33% 24% 31%
Manque de clarté sur la suite de la procédure de candidature 49% 37% 36% 35% 33% 34% 28% 32%

Source : Intelligence Group, 2019

 

Points d’amélioration

Les entreprises ont encore une grande marge d’amélioration en ce qui concerne la conduite des entretiens d’embauche. Il est également judicieux de tenir compte des irritations spécifiques selon le sexe, le niveau d’éducation et la tranche d’âge. Accorder suffisamment de temps pour l’entretien et montrer de l’intérêt pour le candidat sont les points généraux les plus importants à améliorer.