Article Publié le 09-03-2020

Ceux qui veulent travailler à l’étranger sont-ils « différents » ?

Travailler à l’étranger, à court ou à long terme, semble être une perspective très attrayante pour la plupart. Une culture différente, un climat différent, de nouvelles possibilités de carrière… autant de raisons pour lesquelles un déménagement à l’étranger peut être si séduisant. Elle soulève toutefois une question intéressante : les personnes qui souhaitent travailler à l’étranger ont-elles une perception différente du marché du travail ? Sur la base d’une étude récente menée parIntelligence Group sur le comportement sur le marché du travail, cet article tente de répondre à cette question.

Séjour court ou long ?

Nous avons réparti ceux qui veulent travailler à l’étranger en deux catégories : ceux qui veulent s’expatrier (des Pays-Bas) pour un long séjour à l’étranger, et ceux qui recherchent un séjour court ou long à l’étranger afin d’acquérir de l’expérience. Nous avons comparé ces deux catégories et les avons entrelacées avec un échantillon de la population active néerlandaise (NBB). Une conclusion majeure peut être tirée immédiatement : les hommes ont le dessus, par rapport à leurs homologues féminins, lorsqu’il s’agit d’expériences à l’étranger, qu’elles soient courtes ou longues.

Bye, bye aux personnes hautement qualifiées !

Sur quatre personnes ayant une formation de niveau universitaire (16 % de la population active), une cherche à vivre une expérience à l’étranger, qu’elle soit longue ou courte. Les titulaires d’un diplôme professionnel (43 % de la population active) ont tendance à vouloir rester sur place. Si l’on prend le nombre total de ceux qui veulent émigrer, ils ne représentent que 36 % (court terme) et 35 % (long terme). Les titulaires d’un diplôme professionnel supérieur sont légèrement surreprésentés dans le groupe qui souhaite travailler à l’étranger pour une période plus ou moins longue, tandis que les titulaires d’un diplôme secondaire préprofessionnel sont largement sous-représentés. Cependant, lorsqu’il est question du groupe « qui pense à émigrer », les deux segments sont représentés de manière égale.

Source : Intelligence Group, 2019

Plus de vieillissement * ?

Ce que l’on constate, c’est que les personnes âgées n’ont manifestement pas l’intention de partir à l’étranger de sitôt, notamment par rapport à la jeune génération. Bien que les 15-19 ans soient encore quelque peu hésitants, nous constatons que les 25-29 ans font massivement la queue pour une « expérience à l’étranger ». En outre, tous les segments de la tranche d’âge 25-44 ans sont légèrement surreprésentés parmi les personnes qui souhaitent travailler à l’étranger pendant une longue période. Pas moins de 28 % de la population active appartient à la tranche d’âge des 50 ans et plus. « Si l’on compare à nouveau cette statistique au stock de la classe d’âge dans le dossier d’émigration, elle n’est représentée que par 23 % pour les séjours de courte durée et 24 % pour les séjours de longue durée. Nous pouvons donc affirmer que l’émigration à court ou à long terme a un léger effet de renforcement sur le vieillissement d’une population.

Source : Intelligence Group, 2019

Secteur et domaine d’études

Si l’on examine le niveau d’études des personnes qui souhaitent travailler à l’étranger et le secteur dans lequel elles travaillent, on a très peu de surprises. Les personnes diplômées dans les domaines du tourisme, du sport et des loisirs sont relativement beaucoup plus intéressées par un travail à l’étranger, le premier secteur étant clairement le numéro un… sans surprise. Les diplômés en administration des affaires et en économie, bien que leur nombre ne soit pas comparable à celui des secteurs susmentionnés, sont aussi généralement intéressés par un travail à l’étranger. Le secteur de la santé est le principal secteur qui semble manifestement peu intéressé par un travail à l’étranger.

Recherché

Ceux qui recherchent des opportunités d’emploi à l’étranger sont plus souvent, sinon activement, à la recherche d’un autre emploi. Ils utilisent plus que la moyenne les sites d’emploi, les agences de recrutement et de sélection, les moteurs de recherche et les médias sociaux. Fort de leur esprit d’exploration à court ou à long terme, ils ont également tendance à consacrer plus de temps que la moyenne à leur recherche en ligne. Le pourcentage de ceux qui sont approchés par un recruteur est supérieur à la moyenne de l’ensemble de la population active (31 %) : 37 % pour les chercheurs d’aventure à long terme, 41 % pour les chercheurs d’aventure à court ou long terme.

Facteurs d’attraction

Si l’on tient compte des conditions de travail et des facteurs d’attraction, il n’y a pas de quoi être choqué par rapport aux moyennes de la population active. Peu enclins à s’enraciner, ceux qui veulent travailler à l’étranger ne se soucient guère de travailler près de chez eux. En outre, ils ne semblent pas trop se soucier des contrats à durée indéterminée. En ce qui concerne les conditions de travail, les personnes qui partent à l’étranger considèrent également qu’un plan de pension est moins important.

Pourquoi partir ?

Une question simple a été posée au groupe qui cherche à effectuer un séjour de courte ou de longue durée à l’étranger : « Pourquoi ? ». Un nouveau défi (41 %), la découverte de cultures différentes (32 %) et l’acquisition d’une expérience (professionnelle) (31 %) ont été mentionnés comme les motifs les plus importants. Ceux qui recherchent une opportunité à long terme à l’étranger mentionnent également souvent le « climat »(30 %) et le « début d’une nouvelle vie » (42 %) comme raisons d’un départ souhaité.

Raisons de travailler à l’étranger NBB À long terme À long terme et court terme
Acquérir une expérience professionnelle 28% 20% 28%
Carrière et opportunités de carrière 17% 14% 17%
Climat 25% 30% 25%
Se mettre au défi 41% 37% 41%
Découvrir des cultures différentes 32% 30% 32%
Apprendre une nouvelle langue 16% 17% 16%
Faire la différence 11% 10% 11%
Rencontrer de nouvelles personnes ou élargir mon réseau 22% 20% 22%
Possibilité d’acquérir de l’expérience 31% 24% 31%
Commencer une nouvelle vie 26% 42% 26%
Commencer une carrière internationale 15% 16% 15%
Meilleur niveau de vie 11% 16% 11%
Conditions salariales/taux 17% 13% 17%
Travailler pour une entreprise internationale 17% 16% 17%

Source : Intelligence Group, 2019